Livraison de repas à domicile à Séoul : le baedal, une institution

La livraison de repas à domicile à Séoul se dit « baedal » (배달) en coréen : un restaurant ou une plateforme apporte un plat cuisiné au logement, au bureau ou même sur une berge de fleuve. Dans la capitale sud-coréenne, ce service est ancré dans les habitudes bien avant les applications : les restaurants de nouilles à la sauce noire de haricots, les jjajangmyeon, livraient déjà par téléphone, en moto, et les restaurants de poulet frit ont suivi.

Séoul compte environ dix millions d’habitants intra-muros, répartis en vingt-cinq arrondissements, les « gu » : Gangnam, Mapo, Jongno, Yongsan, Seongdong, Songpa et d’autres. La densité, les immeubles collectifs et les appartements souvent d’une pièce font du repas livré une solution naturelle pour des personnes qui vivent seules, les « honjok ».

Pour la livraison de repas à domicile à Séoul, un francophone qui séjourne ou vit sur place doit retenir trois mots à retenir : « baedal » pour la livraison, « jumun » (주문) pour la commande et « pojang » (포장) pour l’emporter. Avec eux, la plupart des applications deviennent compréhensibles.

Applications de baedal : commander un repas livré à Séoul

Plusieurs applications dominent le marché coréen : Baedal Minjok, connue sous le nom de Baemin, Yogiyo et Coupang Eats figurent parmi les plus utilisées. Elles affichent restaurants, photos, avis et délai estimé, et suivent le livreur en direct. Les paiements se font par carte ou par portefeuilles numériques coréens.

Un obstacle pour les étrangers : certaines inscriptions demandent un numéro de téléphone coréen ou une vérification locale. Si vous venez d’arriver, vous pourriez avoir besoin de votre carte de résident ou d’une carte SIM locale. Un voyageur de passage peut demander à son hôtel ou à son logement de passer la commande, ou se tourner vers des commerces proches qui prennent la commande par téléphone.

  • Saisissez l’adresse exacte, le nom de l’immeuble et le numéro d’appartement.
  • Écrivez dans la note « 문 앞에 놓아 주세요 » (mun ap-e noa juseyo) pour demander de laisser le repas devant la porte.
  • Précisez « 맵지 않게 » (maepji anke) si vous ne supportez pas le piment.

Le pourboire n’est pas d’usage en Corée du Sud, que ce soit au restaurant ou pour un livreur.

Repas livrés : plats coréens qui voyagent bien ou mal

La cuisine coréenne se prête à la livraison, car beaucoup de plats sont servis dans des bols à emporter. Le bibimbap, riz garni de légumes sautés, de bœuf et d’œuf, arrive sans problème si la sauce de piment gochujang est fournie à part. Le kimchi jjigae, ragoût de kimchi, de porc et de tofu, se réchauffe bien. Le bulgogi, bœuf mariné, le kimbap, rouleaux de riz algues, et le tteokbokki, gâteaux de riz épicés, font partie des classiques de commande.

Le poulet frit coréen, double friture croustillante enrobée de sauce, est l’archétype du plat livré, souvent associé à la bière pour former le « chimaek ». Il arrive en boîte aérée pour éviter la vapeur. À l’inverse, certains plats perdent à la livraison : les nouilles froides naengmyeon, quand elles ne sont pas emballées avec leur bouillon à part, les tempura et les plats à base de nouilles qui gonflent.

Les banchan, petits plats d’accompagnement, sont fournis à part. Pour une personne seule, les « dosirak », boîtes-repas, comportent riz, viande ou poisson et légumes dans un plateau compartimenté.

Livraison au bord du fleuve Han et dans les parcs

Une scène que l’on voit à Séoul : des familles et des groupes d’amis installés sur les berges du fleuve Han et dans les grands parcs, avec des repas livrés directement sur place. Les parcs de Yeouido, de Banpo ou de Ttukseom sont connus pour cela. L’usage est tellement installé que l’on parle de « ramyeon du fleuve Han » pour désigner les nouilles instantanées préparées sur place dans les supérettes des berges.

Dans certains parcs, la remise se fait à un point désigné ; ailleurs, l’application localise la commande par GPS. Prévoyez un sac pour les déchets : la tradition de rapporter ses déchets chez soi ou de les mettre au tri est bien ancrée.

Au printemps, avec les cerisiers en fleurs, et en automne, la fréquentation monte, et les livreurs ont plus de peine à se garer. Le soir de week-end, mieux vaut commander tôt, avant la sortie des bureaux.

Saisons, fêtes et plats de circonstance

Le calendrier alimentaire coréen influence les commandes. Pendant les jours les plus chauds de l’été, les « boknal », on mange traditionnellement du samgyetang, poulet entier farci de riz gluant et de ginseng, dans un bouillon brûlant ; de nombreux restaurants le proposent en livraison. Les nouilles froides, le patbingsu, dessert de glace pilée aux haricots rouges, et les fruits de saison suivent le même rythme.

L’hiver, le jjigae, le seolleongtang, bouillon de bœuf blanc, et les soupes de côtes sont populaires. La saison des pluies, appelée « jangma », vers fin juin et juillet, retarde parfois les livraisons à moto.

Pendant les fêtes du Nouvel An lunaire, le Seollal, et de la fête des moissons, le Chuseok, beaucoup de restaurants ferment plusieurs jours, et les familles se déplacent. Commandez à l’avance et vérifiez la fermeture avant de compter sur un plat livré.

Plats livrés et courses : Kurly et les alternatives

Outre les restaurants, la livraison de repas à domicile à Séoul se prolonge par celle des produits alimentaires. Kurly, ou Marketkurly, est un détaillant en ligne coréen qui propose des produits frais, des plats prêts à cuire ou prêts à manger comme des ragoûts, des boîtes de riz ou des raviolis, et promeut une livraison le lendemain matin devant la porte.

Cette formule est pratique pour les actifs : on commande le soir, on reçoit au matin, avec un emballage isotherme. D’autres enseignes coréennes de supermarché en ligne proposent des services semblables. Les repas préparés, comme les « banchan » au détail, s’achètent aussi en boutique de quartier.

Pour les personnes âgées vivant seules, des programmes locaux de livraison de repas existent, organisés par les arrondissements ou les centres de quartier ; le service social de votre arrondissement, le « gu-cheong », peut renseigner sur les conditions d’accès.

Allergies, halal, végétarien : bien commander à Séoul

La cuisine coréenne contient beaucoup de soja, de sésame, de cacahuètes, de fruits de mer et de blé. Les fermentations, le jeotgal (condiments de poisson salé) et les bouillons d’anchois s’invitent même dans des plats qui semblent végétariens. Si vous êtes allergique, écrivez-le en coréen dans la note ou demandez à un proche de le faire.

Pour les végétariens, la cuisine de temple, sans viande ni ail ni oignon, et les restaurants végétaliens du quartier d’Insadong ou d’Itaewon proposent des plats livrés. Pour des repas halal, Itaewon concentre les restaurants halal de la ville, dont certains livrent ; renseignez-vous sur la certification.

Pour toute question médicale, parlez à votre médecin. Ne comptez pas sur la mention d’un plat « sans gluten » dans une cuisine où la sauce de soja au blé est partout, sauf si le restaurant le confirme clairement.

Questions fréquentes

Comment dit-on « livraison à domicile » en coréen ?

On dit « baedal » (배달). « Baedal jumun » signifie commande de livraison. « Pojang » désigne la vente à emporter.

Faut-il laisser un pourboire au livreur à Séoul ?

Non, le pourboire n’est pas dans les usages en Corée du Sud. Un remerciement poli suffit.

Un étranger peut-il utiliser les applications de livraison ?

Souvent oui, mais certaines demandent un numéro de téléphone coréen. Sans lui, faites passer la commande par l’hôtel ou le logement, ou appelez directement le restaurant.

Quel plat est le plus simple à commander ?

Le bibimbap, le kimchi jjigae et le kimbap sont des valeurs sûres. Demandez le gochujang à part si vous craignez le piment.